​Appelez-le Black Boy ou la voix des banlieusards 

Posted on August 10, 2017, 2:35 am
7 mins

 

Qui ne connait pas ce jeune rappeur haïtien qui ne marche pas ses mots quand il s’agit de décrire la réalité des banlieusards? Peut-être que vous ne reconnaissez pas très bien son visage, mais durant ces trois dernières années, vous avez au moins entendu l’une de ses chansons dans un bar, dans une station de radio, dans un tap tap ou dans un party.

De son vrai nom Francillon Francy, Black Boy est né à Delmas le 30 mars 1990, mais a passé toute son enfance dans la commune de Jérémie. Il a fait ses études primaires à Edner Etienne, pour boucler le cycle classique au Lycée Nord Alexis.

Très jeune, il a été influencé par des groupes musicaux tels que: King Posse et Original Rap Staff. Dans la salle de classe, il avait l’habitude de copier les paroles des chansons des rappeurs populaires pour examiner leurs forces et leurs faiblesses. « Mais je n’ai jamais eu de modèle véritablement. J’ai tracé ma propre route, j’ai ma propre conception des choses » nous confie Black Boy.




Après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, de retour dans le département de l’ouest, il commença son apprentissage en sciences juridiques qu’il abandonna aussi vite pour se concentrer sur ses activités musicales.

Dans un premier temps, il faisait partie d’un petit groupe de son quartier connu sur le nom de « Public and me », pour ensuite fonder sa propre bande baptisée « Fighters » qui n’a malheureusement pas fait long feu.

Après plusieurs tentatives ratées d’évoluer en équipe, il entama une carrière solo en disposant au marché musical haïtien plusieurs morceaux qui n’ont pas fait mouche.
En 2013, il a écrit la chanson « Anwo a » et n’avait pas les moyens de la produire dans un studio d’enregistrement. « C’est une amie qui m’a donné une partie de l’argent et le frère de Fantom (Duty) a accepté de l’enregistrer avec le peu que j’avais » affirme-t-il vaguement.

https://m.soundcloud.com/black-boy-francillon/black-boy-feat-dutty-anwo-a

Au début de l’année 2014, ce tube a connu un succès ahurissant dans le milieu musical. Plus de 110.000 écoutes sur le compte Soundcloud de l’artiste, sans oublier des dizaines de milliers de réactions sur les autres sites de musique.

Peu de temps après, Duty l’a intégré dans le mouvement « Rap Kreyòl mizik board », qu’il a vite abandonné puisque Black Boy n’arriva pas à évoluer comme il voulait.

A la fin de l’année 2014, il publia « Echèk Se Ti Frè Rekòmanse », un tube social qui encourage les gens à ne pas abandonner et à faire plus d’effort pour atteindre leurs objectifs. Ce produit a eu un effet de viral en peu de temps et a réussi à atteindre toutes les couches de la société. Il dépasse la barre de 222.000 écoutes sur son Soundcoud et rend fou les compteurs des sites haïtiens populaires.

« Avec la chanson Echèk Se Ti Frè Rekòmanse, je voulais apporter un peu de réconfort à tous ceux qui font face à la dure réalité du pays » affirme le jeune rappeur. « C’est normal de traverser ces épreuves difficiles, ce sont des étapes qui nous définissent. C’est notre histoire, notre référence » continue-t-il.

En septembre 2016, il publia la chanson « Ou pa Kob antèman m » pour dénoncer les gens qui se concentrent et disent du mal sur la situation des autres. Un troisième hit qui jouait en boucle sur les Smartphones des jeunes et dans les véhicules de transport en commun. Pas moins d’une dizaine de remixes ont été produites avec ce morceau par des disc-jockeys et des chanteurs de Rabòday. Malheureusement le tube a été censuré par une grande partie des médias locaux avec causes des gros mots.

En juin 2017, pour débuter les vacances d’été en beauté, Black Boy dévoile le tube « Sa e nan bouda w » pour dénoncer les vantards. Une chose est sûre, il ne l’a pas écrit pour attirer la presse, les vrais fans se trouvent dans les rues, dans les ghettos: « Wap mache diw gen bèl tenis, wap di mennaj mwen pa renmen m vre, chak ane ou chanje machinn… sa e nan bouda w ». Pari bien réussi pour le chanteur bien que la chanson soit un peu osée, mais c’est le hit de l’été 2017 (avec Balèn Bouji).

Malgré les nombreuses critiques concernant son addiction pour l’alcool (tafia blanch), son tempérament de je m’en fou et ses excès de langage, Black boy trace petit à petit  sa route dans une industrie musicale non structurée et remplie de préjugés. On le retrouve presque chaque soir dans les soirées de Dj et dans les championnats de vacances.

Black Boy est un talent confirmé, un hitmaker!

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