​La crise perdure à l’Ecole Nationale des Arts (ENARTS)

Posted on August 06, 2017, 10:09 pm
6 mins

L’école nationale des arts (ENARTS) est paralysée sur le plan académique depuis le 13 janvier 2017, dû à un mouvement de protestation entamé par les étudiants pour exiger de meilleures conditions d’apprentissage, et l’intégration de 11 de leurs camarades exclus par les responsables. Les étudiants ne comptent pas lâcher prise, puisque selon leurs dires, leurs revendications sont justes.

Il est 10 heures du matin, nous sommes à l’ENARTS, des bancs sont alignés sur la cour. La plupart des salles sont fermées. A l’intérieur de l’enceinte  des étudiants de diverses disciplines de l’UEH sont présents, feuilles en mains, ils étaient en train d’étudier et de discuter sans doute de la crise que traverse l’université d’Etat d’Haïti.

Les étudiants expulsés de l’ENARTS, calmes et attentionnés, sont assis sur un escalier qui donne accès à une salle. La majorité d’entre eux ne voulaient faire à aucune déclaration, ils prétendent avoir été victimes de certains médias.




Sabrina George est l’une des expulsés, elle était en 4e année en Théâtre. Elle était très détendue en répondant à nos questions. « On m’a expulsé parce que j’exigeais du changement au sein de l’ENARTS » lâche-t-elle. « Les responsables n’ont aucune raisons valables pour nous mettre à la porte ».

Selon Sabrina George, l’ENARTS doit avoir un espace convenable, bien équipé, doté d’une salle de spectacle et surtout elle exige le recyclage des professeurs. « On a jamais dit que les enseignants n’ont pas de niveau, comme ont fait croire les responsables » martèle l’ex étudiante. « On n’a tout simplement réclamé le recyclage de nos professeurs » a-t-elle conclu.

Partout sur les murs nous avons remarqué les graffitis « Dodard Philippe Antoine vòlè ».  Il est le Directeur Général de l’institution. Lors de notre visite, nous n’avons remarqué la présence d’aucun responsable.

Paul Robenson,  étudiant en 2e année en musique, en Théâtre et en art dramatique, ne passe pas quatre chemins pour émettre son point de vue. Il dénonce la méchanceté des responsables: « Les responsables ne comptent pas faire aucun effort pour gérer la crise. On ne connaît pas le statut de l’ENARTS », lâche-t-il.

Selon Robenson, les dirigeants ne visent que leurs intérêts mesquins, sans se soucier du bon fonctionnement de l’école. « On ne peut pas considérer l’ENARTS comme une école d’art. Dans un tel établissement, toutes les branches ont une session propre à elles-mêmes » souligne l’étudiant.

Pour Paul Robenson, le statut de l’ENARTS est la première priorité. Les conditions d’apprentissage laissent à désirer. « Il n’y a qu’une seule salle pour tous les étudiants de première année jusqu’au 4e, insiste l’étudiant. Nous nous trouvons assez souvent dans la situation d’attendre un groupe d’élèves avant de suivre nos cours ».

L’ENARTS contient 4 disciplines: théâtre, art plastique, musique et dessin. Dans le temps, l’établissement contenait 7 sessions, maintenant il en existe que 4.

Raoul Junior Saint-Cyr est un ancien étudiant de l’école nationale des Arts. D’après lui, les problèmes de l’institution existaient depuis bien des années. Il est contre l’idée de conserver les dirigeants. « je pense que la première démarche serait de changer l’actuelle équipe directrice, ces personnes n’ont pas leur place dans ce centre » lâche l’ancien étudiant. Selon lui, l’espace n’est pas agréable pour apprendre. « Nous voulons des professeurs chevronnés à l’ENARTS, certains en place sont contre notre mouvement »  déclare Raoul Junior.

Patrick Michel, étudiant en 2e année qui vient de subir un examen à la Faculté de Droit de Port-au-Prince, est assis tout seul. Son sentiment au regard de l’école est déplaisant. « Je suis frustré »,  a-t-il dit.

Il dénonce à son tour le comportement des dirigeants de l’ENARTS. Le statut de l’institution ne l’intéresse pas vraiment. « On fait partie de l’UEH. J’aimerais avoir des professeurs qualifiés, une formation soutenue, et l’augmentation et la bonne gestion du budget de l’ENARTS » a-t-il argué.

Le budget de l’institution est de 55 millions de gourdes.

Les étudiants sont unanimes sur la réforme au sein de l’ENARTS. « Si nos revendications ne sont prises en comptes, l’ENARTS restera toujours inactive », affirment-ils.

Ils réclament aussi l’achat de nouveaux matériels pour faire fonctionner l’institution.

L’ENARTS est l’unique école d’art en Haïti, créée en 1983.

Par Dubois Cluford et Marc Yoly Celestin

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