À la rencontre de l’art moderne

Posted on January 05, 2017, 2:30 am
8 mins

 

15826911_1162747597180088_5228897231649707028_nL’art, qu’il soit classique, moderne, contemporain, ou autre; a toujours été le produit de l’intelligence, et ce produit est soumis à l’esprit, pour une délectation sensible. Donc pour comprendre l’art et goûter aux délices de sa magie, il faut aller à la rencontre des œuvres et questionner les courants esthétiques à travers le temps.

À tout moment de l’Histoire de l’art des tentatives ont été faites pour rendre l’art imitatif. Qu’il soit l’art grec, romain jusqu’à la renaissance classique en Europe, le souci de représenter le monde tel qu’il est réellement se faisait sentir. Ainsi, on constate que la période comprise entre  le 19ème et 20ème siècle, définissait l’art comme un moyen de concevoir le monde visuellement.

Une vision qui change à travers le temps. Puisque l’art est avant tout une création visuelle qui pose une interrogation, une mise en question du monde de manière nouvelle. L’artiste devient donc cet homme dont la capacité et le désir transforment la perception visuelle en une forme matérielle, en œuvre d’art. L’art est dit alors moderne.

En effet, l’art, à travers le temps et les âges, est la construction de la réalité. Une réalité comme disait l’autre que nous tentons de voir, car ce que nous voyons doit être réel. Il est bien connu, que le créateur dans l’art moderne est dans une démarche à la fois perceptive et expressive.

Du coup, ce dernier exprime ce qu’il perçoit et perçoit ce qu’il exprime. L’artiste se retrouve alors dans un entrelacement créatif qui accouche des réflexions pertinentes sur la nature. Une perception sensible à qui il vaut mieux ne rien demander de particulier mais d’être prêt à accueillir.

Pour bien d’historiens, l’origine du mouvement artistique dit moderne découle du peintre français Paul Cézanne. Ce dernier, selon toutes études, regarde le monde objectivement. Il voyait cette partie du monde qu’il contemple comme un objet.



Un regard dénué de toute intervention intellectuelle ou d’un désordre sentimental. Toujours plus loin, sans vouloir être trop constructif, ses couleurs se modulaient dans un ajustement des zones de couleurs entre elles. L’artiste accordait la multiplicité à l’unité de l’ensemble nous dit Herbert Read. Les différents éléments de la composition forment alors un tout.

Pendant que les impressionnistes présentaient le monde subjectivement c’est-à-dire suivant leur sens ; Cézanne lui, créait dans ses œuvres un ordre pareil à la nature. « Reconstruisons la nature par le cylindre, la sphère, le cône rappelle-t-il. Et le tout mis en perspective, de telle sorte que chaque côté d’un objet, d’un plan soit dirigé vers un plan central. ». L’artiste rendait alors l’image perçue par un centre d’intérêt et organisait sa sensation visuelle en fonction d’un point choisi. Une abstraction est née. C’est une construction d’après la nature.

Dépasser le romantisme d’alors était une forte idéologie de la fin du 19ème siècle. Appelée jugendstil en Allemagne, art nouveau en France et moderne style en Angleterre et en Amérique, cette démarche artistique, est un style qui s’adopte surtout dans les arts appliqués, la décoration intérieure, l’architecture, la typographie et les arts graphiques.

Des prédécesseurs de l’art moderne étaient eux aussi dans cette démarche nouvelle, des peintres comme Gauguin, Van Goh, Munch ou même Seurat. Ainsi, il est clair que beaucoup d’artistes importants du 20eme siècle ont été influencés par les idéologies du peintre.

Il faut comprendre cependant que les influences artistiques qui permettent l’évolution du style de cette époque émanaient de tous bords. Qu’il s’agit des estampes japonaises qu’on retrouve chez Zola, de l’art oriental chez Gauguin ou cette volonté de structure géométrique chez Seurat.

 

L’INFLUENCE DE L’ART MODERNE

Enrichi par sa diversité, l’art moderne inspirait un grand nombre d’artistes de divers courants. Ainsi le vieux langage de l’art ne convenant plus à la conscience humaine, s’articulait d’une nouvelle manière qui devait être créée afin de transcrire la vision de l’homme de l’époque.

On comprend donc mieux pourquoi cette période de l’histoire de l’art a pu inspirer certains de nos peintres haïtiens sans qu’ils ne perdent pour autant leur touche personnelle. C’est toujours une joie de constater dans un enchaînement profond la souplesse de certains peintres haïtiens dans leur vision du monde.

Une vision qu’on pourrait qualifier de moderne mais qui garde toute la fraîcheur et la signature du territoire national. Une peinture de Philippe Dodard, de Ronald Mevs ou même d ‘Antonio Joseph à certains égards; vous ferait plonger dans un cubisme, un goût de l’art du 20ème siècle mais cependant le gestuel demeure propre à nos artistes.

Sous leurs traits comme dans leur philosophie, on retrouve les lignes nationales. Gérald Alexis vous dira que la peinture d’Antonio Joseph s’aventure dans un domaine proche du cubisme et que le peintre emploi des aplats géométriques conçus à partir de données qui lui sont propres.

Et Ronald Mevs nous exhortera en ces termes : « Je cherche à connecter les cultures entres elles »il s’affirme donc dans sa propre identité. Une identité que l’art moderne en soi ne ménage nullement dans sa philosophie. « Mon art est une continuité de l’art moderne qui prend conscience de la condition humaine, tout en étant enracinée dans mon identité.», nous confie Philippe Dodard.

Comprenez le bien, si nos peintres sont grands ce n’est pas qu’ils soient influencés par certains courants de l’art mais parce qu’ils ont fait de ces courants l’organe phonatoire de leur identité. Et comme dirait l’autre : ” L’art pour être compréhensible doit être saisi et analysé dans son contexte historico-culturel.

 

RÉDACTION: Géraldine COLIN & Rodly SAINTINÉ

RÉVISÉ ET CORRIGÉ PAR: Frantz Kerby MATHIEU

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