Et si nous capitalisions la musique haïtienne?

Posted on August 27, 2016, 3:54 am
4 mins
Musique

Par Franciyou Germain: 

La plupart des musiciens haïtiens se battent uniquement pour la popularité, sans pour autant penser business. Par exemple, un jeune rappeur est fier d’atteindre 30.000 écoutes/téléchargement sur le site de Dynasty ou Tikwenpam, sans entreprendre des démarches pour rentabiliser son succès. C’est tout un plaisir les chanteurs de jouer gratuitement alors qu’ils devraient au moins exiger des frais de fonctionnement.

La compagnie Natcom a essayé de rentabiliser plusieurs centaines de chansons avec son application Keeng mais il semblerait que ce projet fonctionne à pas de tortue puisque nous autres haïtiens, nous ne pratiquons pas cette culture d’acheter de la musique. A signaler aussi que les artistes se plaignent des retombées économiques de ce programme, qui, selon leurs dires, sont assez minimes.

C’est frustrant de voir les membres de S.A.L, Zatrap, Tobby, Franco Love, Roody Woodboy, Costy Jay… toujours en train de lutter avec ce système mafieux et corrompu. Comme l’a si bien dit Franco dans la chanson Hit san lajan: “Après prestation les artistes n’ont souvent pas les moyens de payer le transport”.

  • A quoi bon d’atteindre 100.000 téléchargements sur Plezikanaval si le Ministère de la Culture ne vous inscrit même pas sur la liste des groupes qui devront défiler durant les trois jours grands?
  • Que vous servent ses milliers de téléchargements et d’écoutes sur Dynasty, Tikwenpam, Banhit, Plezikanaval, Vibe Kreyol… si vous ne pouvez même pas acheter des vêtements ou payer le loyer?
  • A quoi vous servent le titre de superstar si vos proches font la collette à chaque fois que vous tombez malade?

Répondez à ces 3 questions et vous allez vous rendre compte que l’HMI a un retard de plusieurs décennies à rattraper.

 

Rentabiliser nos sites de téléchargements / La proposition

Ma proposition est simple: “Cessez la distribution gratuite”. Presque chaque haïtien possède un téléphone cellulaire et chaque jeune utilise un Smartphone; les sites de distribution doivent créer des applications mobiles, qui donneront accès au téléchargement à raison de 5 gourdes par chanson (par exemple).

Le groupe ou l’artiste percevra un montant de 2 gourdes par téléchargement, la compagnie de téléphone recevra 1.50 gourde et le distributeur (site internet, application) recevra lui aussi 1.50 gourde. En aucun cas les deux autres parties ne doivent recevoir plus d’argent que les auteurs puisque ces derniers sont les propriétaires intellectuelles des produits acquis.



Illustration de la proposition

Imaginons que la meringue 2017 de Djakout #1 atteigne 200.000 téléchargements durant la période carnavalesque (après une belle période de sensibilisation):

200.000 × 5 gourdes      = 1.000.000 gourdes

Part de Djakout 1            = 500.000 gourdes

Part de Natcom/Digicel  = 250.000 gourdes

Part du distributeur         = 250.000 gourdes

A ce stade tout le monde sera gagnant et les artistes pourraient économiser et mener une vie acceptable. Soyons honnêtes pour la vente des chansons sur Iturnes et CDbaby, nous ne sommes pas encore là. Commerçons par les plateformes les plus populaires et les plus accessibles.

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