«Et Voilà aujourd’hui », le poète Carl Withsler A. Benoît salue la traversée de sa mère, Carline ALCIMA

Posted on February 01, 2018, 4:44 am
4 mins

Carl Withsler A. Benoît est un jeune poète haïtien, lauréat du prix POÉSIE EN LIBERTÉ 2016, qui évolue en France depuis tantôt quelques mois. Alors qu’il s’apprêtait à publier “UNE LETTRE À MA MÈRE”, un court métrage qui lui servira de tremplin pour déballer sa nostalgie du pays et de sa famille. La mort vient de frapper dans son entourage jusqu’à enlever sa mère. Le cœur en lambeaux, Carl reste sans mot dire et laisse parler sa plume question de saluer son départ. Ce qui donne naissance à tout un texte, une dernière lettre: ET VOILÀ AUJOURD’HUI.

Il est de ces textes qui crachent l’âme, qui sont la photographie d’un cœur qui saigne. ET VOILÀ AUJOURD’HUI se veut une plainte interminable, un cri sans ménagement pour cracher l’âcreté de la mort, un témoignage insufflé de douleurs.

“…Cœur nu, âme tiède
Aujourd’hui me voici sans inspiration, sans mère
Sans but d’exister sans raison d’être.”

Le poète y présente sa feue mère comme l’ultime but de son existence. Il s’en prend à la mort, source de ses iniquités. Il utilise la fébrilité des mots pour tuer son chagrin, il s’ouvre, il se dénude. Il se crée une autre représentation. Il conte ses déboires face à la vie:

“…Me voilà ivrogne de la mélancolie
Inactif sous la mélodie du désespoir
Orphelin d’amour et de mère.
Me voilà, porteur de gerbes
Porteur de deuil…”

Aveuglé par le chagrin, Carl garde quand bien même une once de lucidité. Le poète, qui s’est toujours revendiqué mélancolique, montre qu’il a conscience que le terminus de la vie c’est la mort. Si pour lui, l’âge n’est rien qu’un fardeau qui tend à nous ruiner l’existence. Il ne reste pas du tout convaincu que ces 40 bougies soient suffisantes pour consumer la vie de sa mère. Cette femme qui était venu au monde, un de ces jours de l’année 1978 et qui vient de le laisser il y a justement quelques jours, soit le 26 janvier 2018.

“J’écrivais des poèmes à ton sujet de manière prémonitoire
Je savais déjà que le bois de ton cercueil existait déjà
Soit dans une scierie, soit dans une forêt
Mais je ne savais pas que ta fatigue était si lourde et sévère
Jusqu’à te pousser à prendre retraite de l’autre côté… “

Tout en se renouant avec des complicités qui existaient entre eux, sa mère et lui, le poète encense de mots cette femme qui a bercé son enfance à travers un des plus vibrants passages du texte:

“Ô mère, peut-être que ton passé n’est pas à flatter
Mais que tu sois esprit, cendres, lumière ou ombre
A chaque aurore, je verserai en ton renom et pour ton amour
Des gouttes de Café métamorphosés en pleurs.”

Ce qui sonne comme un: “Au revoir, je ne t’oublierai jamais, et je pleurerai ta mort encore et encore!

On aura beau pleurer le départ de nos pairs, mais la mort restera sempiternellement l’assassin le plus cruel que l’humanité ait jamais connu. Ainsi va la vie! Condoléances au poète Carl Withsler A. Benoît et à tous ceux qui sont affectés par ce deuil.

Frantz Kerby MATHIEU

 

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