La « Mort » du poète Carl Withsler A. Benoît

Posted on October 18, 2017, 3:39 am
4 mins

Carl Withsler A. Benoît né aux Gonaïves, a fait ses études classiques dans ladite ville, est photographe et poète depuis son plus jeune âge. Son poème intitulé « Ma Mort » qui lui a permis d’obtenir le deuxième prix du concours international Poésie en Liberté en 2016 est, aujourd’hui, figuré dans l’Anthologie Poésie en Liberté 2016 qui a été publiée en France.

La mort, arrêt définitif des fonctions vitales, est un sujet très controversé. Selon les chrétiens cette dernière est une porte ouverte sur l’éternité si on fait la volonté du bon Dieu. Par contre certains qui se considèrent comme athée avancent que ‹‹Les chrétiens sont des gens qui pensent qu’ils peuvent échapper à la mort›› Bref ! Il est indéniable que la mort est ce qui nous fait peur et parfois nous pousse à faire une remise en question de nos actions sur cette terre.

” La mort a des rigueurs à nulle autre pareille
On a beau la prier
La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles
Et nous laisse crier “.

Si le poète François de Malherbe parle des effets de la mort et de sa méchanceté dans son poème “Consolation à M. Duperier sur la mort de sa fille”, en témoignent ces vers susmentionnés, le poète Carl Withsler A. Benoît pour sa part, dans son poème intitulé “Ma Mort“, entend divorcer avec les pratiques habituelles occasionnées par ce grand monstre. Il dicte ce qu’on doit faire de sa dépouille

” L’heure où je serai congelé par la mort
Captivé par le sommeil éternel
Conduisez moi au cimetière sans pompe,
Placez ma dépouille dans le plus frêle carton”
.



Par ce poème, le poète se montre anti-conformisme. Sa poésie s’inscrit dans une démarche déconstructrice. Et c’est pour cette raison même qu’elle est poésie. Car la poésie est tout ce qui étonne, tout ce qui blesse, tout ce qui choque, tout ce qui dérange… par des phrases renfermant des étincelles de feu et d’originalité. La mort n’est pas le contraire de la vie, loin de là. Au contraire, elle en fait partie même. Et le poète en est conscient. Il ordonne avec toute la force de son verbe de célébrer la sienne. Et c’est quelque chose qu’on devra faire en toute quiétude. Si nous pouvons croire ces vers suivants:

” Modestement, célébrez, en dansant, mes funérailles
Mon passé n’est pas à féliciter.
Esprit ou cendre, lumière ou ombre,
Mon âme attend sa sentence
Et mon tombeau, vos prières
 “.

Le poème de Carl Withsler A. Benoît renferme une tendresse et une dimension spirituelle de haute portée. Nous pouvons dire qu’il est en train de se tailler une place dans la littérature haïtienne contemporaine. Le poète français Charles Juliet croit qu’il faut « Écrire pour devenir plus fluide. Pour apprendre à mourir au terme de chaque instant. Pour faire que la mort devienne une compagne de chaque jour» et c’est dans cette perspective même que le poète Carl Withsler A. Benoît  s’inscrit.

Nous pouvons attendre beaucoup de ce poète dont la plume est un miroir reflétant les vicissitudes de la vie. Sa capacité à fabriquer des images et à jongler avec les mots en disent long. Carl Withsler A. Benoît, un nom à retenir. Une nouvelle étoile dans le ciel de la poésie haïtienne contemporaine.

Joubert Joseph

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