«Le mur blanc de ton nombril », la stabilité d’une simplicité émouvante

Posted on April 30, 2018, 8:57 pm
5 mins

Entre deux mots, il faut choisir le moindre, dans ce poème fleuve, le poète n’échappe pas à cette pensée de Paul Valery.

Le troisième livre du poète-journaliste Snayder Pierre Louis dans lequel il offre au public un langage très fluide et porte un éclat de grande envergure dans le langage courant pour chanter les sourires avec des métaphores.

Il se trouve hors de tout labyrinthe ou tout simplement de tout tâtonnement pour exposer ses témoignages.

« Au murmure de ta cadence

Un baiser s’habille avec ton image

Malgré

Le contour des lettres

La terre est amoureuse de tes pas »

Cet amour que le natif de la ville de Miragoâne peint sur le nombril de chaque mur où appuyer le corps de ce poème révèle une euphorie bien captée pour sombrer ses pas ivrognes. Il tente à tout prix de faire ces vers des agents qui nourrissent des bribes de promesses. Avec la complicité des quêtes de passions il réitère ses engagements de porteur de rêve.

« Quand je reviendrai

Sache que je t’apporterai

Un baiser

En flammes d’envie

Et tu sauras comment

Je vis dans ton cœur

Avec un gout d’amour »

Si le temps reste un point essentiel à déchiqueter chez certains poètes, l’auteur tout au long de ce poème fleuve, s’en éloigne un peu. Il se sert de préférence de l’espace. Dirait-on que cette transmutation fait de lui un poète qui se crispe dans ses environs ? On peut toutefois inscrire cette démarche dans une tentative de bien exposer chaque parcelle des sensations qui suit ces vers. Il évoque les souffles qui hantent ses entrailles face au regard des absences récurrentes.

« Sans toi

Tout en moi est une ville

Qui déchire ses enfants

Au bout de la nuit »

L’auteur ne se comporte pas comme un narrateur de son temps, tout en voulant rester dans l’immortalité de ses fantasmes. Il est évident que les désirs de s’approprier des lieux sains se vautrent bien dans son texte.

« Je veux mourir dans ton ombre

Ton sourire et ta pensée

Pour aller vivre dans ton sang

Tout nu

Avec les regards des enfants

Et nous jouons avec la fleur de ta ville »

[..] Restez doucement

Car les villes s’endorment dans ta nuque

Sur les lignes de ton sein gauche »

Il est indubitable que le talent du poète est ratifié à partir de cette œuvre, et trouve une place bien prestigieuse parmi nos poètes qui s’appuient sur l’érotisme pour mettre en évidence leur aptitude à bien tisser de beaux vers.

« Laisse-moi couler le sang des mots

Entre tes seins

Pour séparer dans notre vie

La nudité de petits cris aigus

De la feuille d’eau »

 

[…] tu allonges les jambes

Tu les croises

Et soudain

Des villes tiennent debout devant toi

Pour demander le prénom

De chacun de tes seins »

Le récipiendaire du prix Mila du Livre Francophone de la catégorie poésie en 2017 avec Le mur blanc de ton nombril prouve clairement qu’il est clément dans sa sphère poétique envers les mots autant qu’ils sont accessibles à sa plume. Ce livre donne une envie interminable de lire.

Snayder Pierre Louis est l’auteur de quatre livres de poésie: Kadans kè, Quand les mots se souviennent, Chaque village est un bateau de cris et Le mur blanc de ton nombril, publié en 2017 sous le compte de GNK Editions, à Abidjan au Côte d’Ivoire. Ce livre est préfacé par l’écrivain Frédéric Louis Marcelin.

 

Billy Doré

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