Marchand-Dessalines: La première capitale d’Haïti, entre sa grandeur (historique) et sa décadence (matérielle)

Posted on December 02, 2017, 9:38 pm
7 mins

L’ancienne capitale impériale connue sous le nom de Marchand-Dessalines, logée au creux des montagnes noires dans le département de l’Artibonite est située à quelques 140 km de Port-au-Prince et à 12 km de la route nationale # 1.

Fondée par le père de la patrie, le général en chef de l’armée indigène, Jean-Jacques Dessalines, pour être la première capitale d’Haïti. Appelée autrefois Dessalines-ville, Marchand Dessalines comprend six (6) sections communales avec environ 245 localités.

D’un air doux, au ciel azuré, on l’aime pour ses multiples visages, pour sa dimension historique. Le patrimoine touristique de l’ancienne capitale noire est très riche pour la diversité de ses sites historiques. On retrouve non seulement des sites historiques mais aussi des sites naturels. Parmi lesquels on peut citer : les grottes Jean zinga et ti gason, l’étang lagon la ville qui est à quelques kilomètres du centre-ville, ti sous et la source impériale un lieu de fraîcheur et de détente pour l’empereur Jean-Jacques Dessalines et son épouse Marie claire heureuse félicité Bonheur pour se tremper le corps. Pour assurer la défense de la nouvelle capitale, Dessalines fit ériger la construction de six (6) ouvrages autour de Marchand Dessalines : le fort Décidé, le fort Innocent, le fort ti madanm, le fort dorco, au pied des montagnes à la source, le fort culbuté construit pour contrôler et protéger les sources d’eau qui alimentent la ville, aussi utilisé pour des cérémonies vaudouesques.

Description de la ville

À l’entrée de la ville, à l’avenue chanlatte, le seul lycée de la ville porte le nom de l’empereur “Lycée Jacques 1er”. Toujours sur la route en tournant à droite, sur la rue Jacques 1er, communément appelé Grand-rue, on retrouve la cour de l’empereur où se trouve la maison de Dessalines. Deux belles cahutes peintes en bleu et blanc, à rappeler Dessalines ne vivait pas sur le même toit que sa femme Marie claire heureuse pour des raisons stratégiques et mythique. La demeure de Marie claire heureuse est à la rue Geffrard tout près du pacte sainte-claire de Dessalines et celui de Charlotin Marcadieux, l’ami de Dessalines, à l’angle des rues Geffrard et Dupuy. Plus loin, toujours sur la grand-rue, nous voilà devant la place Dessalines. Sur cette place, une grande statue de l’empereur peinte en couleur d’or s’érige devant nos yeux. En face de la place, la mairie de Dessalines. De son côté droit, l’école nationale Jacques 1er construite sur les vestiges du palais impérial dans les années 40 et de son côté gauche, le marché communal.

 

Une ville dans le besoin

Malgré sa grandeur touristique, lieu de mémoire par excellence, la ville du fondateur de la patrie reste une ville inexplorée, plus de deux cent dix ans depuis cette ville a été fondée. Qui l’aurait cru ? Marchand-Dessalines souffre d’une douleur atroce. Qui pourra la guérir ? Une ville qui mérite d’être mieux représentée. La décadence matérielle est visible à l’œil nu. Une dégradation environnementale les plus extrêmes, les projets pour le reboisement de cette partie d’Haïti ne sont pas encore nés. Une ville où l’analphabétisme impose sa dictature. La création de plusieurs bibliothèques publiques révèle d’une grande nécessite pour attaquer cet épineux problème de lecture que confrontent les jeunes de la première capitale noire d’Haïti. On y trouve Seulement le CLAC (centre de lecture et d’animation culturelle), une initiative du ministère de la culture de la communication en partenariat avec la France via l’organisation internationale de la francophonie(OIF), comme club de lecture. Malheureusement pas dans un espace assez spacieux pour donner une renaissance culturelle dans la cité impériale.

À proprement parler il n’y a pas d’universités dans la ville. Après la réussite au baccalauréat, les jeunes sont bien obligés d’aller étudier ailleurs dans d’autres villes du pays. Des établissements d’enseignement professionnel sont rares. Une seule école en matière de communication est remarquée : ACFP (Académie de communication et de formation professionnelle). Les jeunes n’ont pas d’endroit pour se divertir à part le CLAC et le club rayon de lumière. À remarquer pas de musée, ni salle de théâtre, de spectacle ou de cinéma. Les cybercafés ne fonctionnent presque pas, faute d’électricité. Ce problème ronge la ville de l’empereur depuis plus de quatre l’année. Il semblerait que les autorités n’ont pas encore trouvé les bonnes formules pour remédier à ce problème. Ces campagnards devraient-ils attendre la tenue de la promesse du président Jovenel Moise d’électrifier le pays 24 sur 24 ?

Marchand-Dessalines reconnue pour ses trésors culturels et historiques est loin de se transformer en une grande ville comme elle fut jadis. La souffrance est visible à l’œil nu. Les couches défavorisées de la population végètent dans la misère dont l’amertume est moins comprise par les élites. Innocente qu’elle est, cette ville froissée par la prostitution de ses dirigeants insouciants. Plus de deux cents ans d’existence, cette ville mérite une transformation à la hausse.

Rédaction : Destin Lochard (Presty le Nègre)

RÉVISÉ & CORRIGÉ PAR : Jean Luc DUFRESNE

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