Résumé du rapport de la Commission Sénatoriale Spéciale d’enquête du Fonds PETRO CARIBE

Posted on November 13, 2017, 6:08 pm
36 mins

Les périodes annuelles allant de septembre 2008 à septembre 2016 couvertes par le mandat de la Commission ont vu deux (2) Chefs d’Etats se succéder, René Garcia PREVAL et Joseph Michel MARTELLY. Sous l’Administration de ces deux (2) Chefs d’Etats, cinq (5) Gouvernements ayant à leur tête cinq (5) Premiers Ministres se voyaient installés. Pour répondre aux catastrophes naturelles: Tempêtes, Ouragans et le séisme du 12 janvier 2010, deux (2) lois d’urgence furent votées suivies de trois (3) Arrêtés présidentiels pour instaurer l’Etat d’urgence sur toute l’étendue du territoire national et treize (13) Résolutions avec des Programmes et Projets financés à travers le fonds PETRO CARIBE totalisant la somme de cent dix milliards cent quatre-vingt-dix millions huit cent soixante-quatre mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf gourdes (HTG 110,190,864,999). Les résultats, pourtant, étaient très peu convainquants et donnaient ainsi naissance à des doutes inquiétants quant à la gestion du fonds PETRO CARIBE.

C’est pourquoi, trois (3) ans après les premiers décaissements ordonnés par les quatre (4)  premières Résolutions soient un montant de cinq cent quarante-cinq millions sept cent quarante mille huit cent vingt-neuf dollars américains (U.S 545,740,829), le Premier Ministre Gary CONILLE sollicita en 2011, un audit financier. Les résultats ajoutés au scandale financier éclate lors du procès du Sénateur dominicain Bautista et la déclaration du Président MARTELLY en visite dans la ville des Cayes annonçant que les caisses de l’État haïtien sont vides, sans oublier les diverses dénonciations de Corruption de la Presse parlée et écrite tant National qu’international, engendraient encore plus de doute, plus de suspicion de mauvaise gestion.

Sans la moindre lumière sur ces suspicions d’aout 2011 à janvier 2016, les Gouvernements CONILLE, LAMOTHE, PAUL, successivement Premier Ministre ont, à partir de neuf (9) autres Résolutions, ordonné des décaissements totalisant la somme de un milliard trois cent quatre-vingt-seize millions neuf cent vingt-cinq mille cinq cent soixante-neuf dollars américains (US 1,396,925,569).

C’est ainsi, qu’une première Commission fût montée par les honorables Sénateurs dénommée: « Commission Éthique et Anti-Corruption », présidée par l’honorable Sénateur Youri LATORTUE dont les résultats ont suscité une nouvelle enquête. Une seconde Commission fût donc montée. Elle est dénommée cette fois-ci: « Commission Sénatoriale Spéciale d’enquête sur le fonds PETRO CARIBE » présidée par honorable Sénateur Evalière BEAUPLAN qui, dans un souci d’équilibre, s’est orienté vers d’autres experts en embauchant un Cabinet d’experts-Comptables.



L’audit effectué couvre les périodes annuelles allant de septembre 2008 à septembre 2016 relatif à l’examen des états financiers du fonds PETRO CARIBE préparés par BMPAD et soumis à l’attention des auditeurs pour examen.

Les anomalies et irrégularités significatives les plus importantes sont relatées dans ce résumé. Ce sont :

  • Les états financiers du fonds PETRO CARIBE couvrant les périodes annuelles de septembre 2008 à septembre 2016 ne reflètent pas la situation financière du fonds. En effet, ils ont été redressés au cours de plusieurs périodes annuelles pour un montant net cumulé de cinquante-sept milliards deux cent trente et un millions vingt-deux mille six cent quarante-sept gourdes (HTG 57,231,022,647)
  • Les comptes à valeur vénale variable ne sont pas adéquatement évalués. Le BMPAD a utilisé des taux d’évaluation différents au 30 septembre 2016, allant de 70.35 à 107.35 gourdes pour un dollar américain, tandis que le taux de référence fourni par la BRH était 65.5368 pour un dollar américain. Les ressources du fonds utilisées par l’Etat haïtien sont capitalisées. D’après le BMPAD ces directives émanent du MEF sans pour autant nous fournir plus de détails. Le montant apparaissant aux livres du fonds au 30 septembre 2016 s’élève à : HTG 110,190,864,999
  • Les ressources du fonds utilisées par l’Etat haïtien sont capitalisées. D’après le BMPAD ces directives émanent du MEF sans pour autant nous fournir plus de détails. Le montant apparaissant aux livres du fonds au 30 septembre 2016 s’élève à : HTG 110,190,864,999
  • Le temps de recouvrement des comptes à recevoir provenant de la vente des produits pétroliers aux compagnies locales démontre que les modalités de paiements ne sont pas respectées. A titre d’exemple, la SOGENER doit au fonds PETRO CARIBE un montant de US 173,984,647 au 30 septembre 2016.
  • Quant à l’EDH, le montant de la dette prend sa source à la date du 24 mai 2008 et totalise au 30 septembre 2016 la somme de US 437,346,841.
  • Le BMPAD n’a pas effectué le paiement de la portion cash, c’est-à-dire la valeur à verser à la PDVSA à la réception de chaque cargaison. Le dernier paiement remonte à mars 2016 et accuse un retard de onze (11) versements au 30 septembre 2016 totalisant la somme de quatre-vingt millions six cent trente-trois mille vingt dollars américains (US 80,633,024) ou son équivalent en monnaie locale d’une valeur de cinq milliards deux cent quatre-vingt-quatre millions quatre cent trente mille trois cent soixante-sept gourdes (HTG 5,284,430,367) établi au taux de 65.5368 pour un dollar américain.
  • Le BMPAD puise des ressources du fonds pour les services de gestion fournis. Il n’existe aucun mécanisme définissant le mode de calcul et de paiement de ces services. Ce montant varie d’une période annuelle à l’autre.

A titre d’exemple:

Financement au budget de BMPAD:   2015 = HTG 131,328,000   /    2016  = HTG 413,859,000

  • Pour la période annuelle 2016, les états financiers du fonds affichent des frais de pénalités sur commandes en/Spot d’une valeur matérielle d’un montant de HTG 18,523,092. Or, en gestion, toute pénalité découle du non-respect d’une norme ou d’un engagement quelconque reflétant ainsi une défaillance administrative, tandis que, la participation du fonds au financement du budget du BMPAD a triplé, passant de : 131,328,000 à 413,859,000 Gourdes
  • Le BMPAD gère des projets dont les ressources sont puisées du fonds de PETRO CARIBE. Cette fonction est incompatible à sa mission.
  • Le Gouvernement Bolivarien suite au séisme du 12 janvier 2010 a annulé la dette Haïti s’élevant à cette date au montant de U.S 396,073,224 ou son équivalent en monnaie locale d’une valeur de HTG 25,957,371,667. L’annulation de la dette n’était pas prévue dans l’accord. Cette décision du Gouvernement de la République Bolivarienne devait entraîner des rentrées de fonds afférentes pour l’Etat Haïtien. Étant donné qu’aucun mécanisme de gestion n’est mis en place quant à l’utilisation du fonds si ce n’est que par Résolutions, le montant de l’annulation de cette dette devait être précisé par une Résolution du Conseil des Ministres permettant ainsi la rétribution de ces fonds à L’Etat Haïtien
  • Quant à l’audit des ressources financières générées par le fonds PETRO CARIBE utilisées à financer les Programmes et Projets à travers les treize (13) Résolutions adoptées du 20 septembre 2008 au 6 janvier 2016, elles furent l’objet chacune d’un audit spécifique identifiant les ressources allouées, les décaissements effectués, le respect des normes régissant l’octroi des contrats, les conditions d’éligibilité du sousmmisionnaire ajudicataire, la nature du contrat, les décaissements s’y rapportant et l’évaluation physiques de certains travaux sélectionnés à partir des critères suivants :
  • Nature des travaux
  • Montant du contrat
  • Zones départementales

Chaque Résolution fut l’objet d’une conclusion. Les résultats de nos interventions se résument aussi :

  • Le Certificat de non objection de la CNMP dans la majorité des contrats reçus des institutions bénéficiaires et analysés n’est pas obtenu;
  • L’approbation de la CSC/CA est parfois mentionnée dans certains contrats, mais n’existe pas dans d’autre;
  • Certains contrats ne comportent pas de date de signature;
  • Les documents d’éligibilité souvent ne sont pas conformes;
  • Les délais d’exécution des travaux ne sont pas toujours respectés;
  • Les pénalités de retard ne sont prélevées;
  • Les prélèvements de 2% pour le compte de la DGI sont parfois effectués sans aucun document attestant leurs paiements ou leur restitution à la DGI. Ces prélèvements de 2% n’ont pas été effectués dans la majorité des contrats;
  • Des écarts positifs matériels sont constatés au niveau du coût d’un (1) KM de route entre deux (2) entrepreneurs évoluant dans le même secteur d’activité et pour la même période.

Conclusion

Au terme de l’approfondissement de l’enquête menée autour de l’utilisation du fonds PETRO CARIBE, la Commission Sénatoriale Spéciale d’enquête (CSSE), sur la base des documents inventoriés et analysés , sur les données fournies et examinées par la firme d’audit qu’elle avait engagée aux fins de cette enquête, a abouti à la conclusion que la gestion du fonds PETRO CARIBE a été marquée par de graves anomalies, des irrégularités, des actes de malversations et de prévarication qui font penser que ceux qui ont eu la responsabilité d’exécuter les programmes et projets liés aux Résolutions concernant le Fonds PETRO CARIBE n’ont pas respecté les normes et les dispositions légales dans l’attribution des marchés et n’ont  pas eu non plus le souci de protéger les intérêts de l’Etat haïtien. Les faits, tels que révélés dans l’ensemble des opérations, prouvent que la majorité de ceux et celles qui avaient l’autorité pour ordonnancer et rendre opérationnel les décaissements découlant des différentes résolutions ont agi avec un laxisme tel que la CSSE est parvenue à déduire que dans presque tous les cas répertoriés la négligence, les incohérences et autres anomalies étaient à répétition. En pareil cas, il ne pouvait plus s’agir de simples erreurs matérielles mais plutôt d’actes susceptibles d’induire en erreur et de faciliter l’opérationnalisation de pratiques illicites, de collusion et de trafic d’influence. L’examen des contrats a démontré que plus de la moitié d’entre eux ont été signés en dehors des procédures de passation de marchés publics (absence de transparence, de bonne gouvernance, etc.) et dans l’irrespect des normes de distribution de contrats (équité, égalité de traitement, libre concurrence, libre accès à la commande publique etc.). Les lois d’urgence qui ont été adoptées par les gouvernements qui se sont succédés de 2008 à 2016 ont permis aux Ordonnateurs publics et aux Comptables des deniers de l’Etat d’exercer leur pouvoir avec un excès qui frise parfois l’indécence. Sous couvert de ces lois, des actes tant à la fois irrationnels qu’illégaux ont été accomplis en violation des règlements et des lois sur la comptabilité et les finances publiques.

Toutes les investigations menées auprès des Organismes concernés ont démontré des faiblesses d’une telle ampleur qu’il a fallu considérer tous les cas de façon spécifique et les placer dans un contexte  plus général aux fins d’établir les responsabilités individuelles et collectives; car il est apparu au fil de l’enquête que PETRO CARIBE a été l’objet d’une escroquerie à grande échelle. L’exemple le plus probant est que la situation actuelle du Fonds PETRO CARIBE et les décaissements effectués à travers les Treize (13) Résolutions qui le concernent pour la période allant de septembre 2008 à septembre 2016 est tellement entachée d’actes irréguliers voir frauduleux qu’il a été nécessaire de procéder à une analyse des états financiers du BMPAD, principal et premier acteur dans la gestion du fonds PERO CARIBE . Le constat est qu’il est difficile de se prononcer sur l’exactitude et la fiabilité du solde du fonds, sur les décaissements et la gestion des contrats. Dès lors, la gestion du Fonds PETRO CARIBE, selon ce qui a été soumis par le BMPAD, ne reflète nullement la situation financière de ce fonds.

En fait, l’enquête a clairement démontré avec force détails que:

  • Les règles de passation de marché n’ont pas été respectées. Bref, la loi sur la passation des marchés publics a été systématiquement violée ;
  • Beaucoup de firmes choisies n’étaient pas éligibles au moment de la signature de leurs contrats;
  • Les critères d’ordre technique, juridique et financier n’ont pas été respectés dans tous les cas;
  • Les intérêts de l’Etat dans la majorité des cas n’ont pas été protégés;
  • L’efficacité et l’opportunité des dépenses publiques sont sujettes à de sérieux doutes;
  • L’application des normes relatives à la loi des finances a toujours été écartée;
  • Le Certificat de non objection de la CNMP dans la majorité des contrats conclus avec des firmes n’est pas obtenu;
  • L’approbation de la CSC/CA est parfois mentionnée dans certains contrats alors que dans d’autres elle n’existe pas;
  • Certains contrats ne comportent pas de date de signature,
  • Un contrat a même été signé avec une personne décédée;
  • Souvent es documents d’éligibilité ne sont pas conformes;
  • Les délais d’exécution des travaux ne sont pas toujours respectés. Parfois, ils sont incomplets;
  • Les pénalités de retard ne sont pas prélevées;
  • Les prélèvements de 2% pour le compte de la DGI ne sont pas indiqués ou sont parfois effectués sans aucun document attestant leurs paiements ou leur restitution effective à la DGI;
  • Des écarts positifs matériels sont constatés au niveau du coût d’un (1) KM de route entre deux (2) entrepreneurs évoluant dans le même secteur d’activité, pour la même période et dont les spécificités des travaux sont similaires..
  • Certains projets sont exécutés avec mention phase 2 dans un deuxième contrat tandis que le contrat initial n’avait nullement prévu des travaux additionnels.
  • Certains contrats comportent des avenants dépassant le seuil de 30% prévu par la loi;
  • Certains contrats font mention de réhabilitation de route sans préciser le nombre de kilomètre à réhabiliter;
  • Le nombre de kilomètre de certaines routes est inférieur à celui défini dans le contrat;
  • L’évidence de surfacturation est constatée dans de nombreux projets;
  • Une utilisation abusive des avenants aux contrats initiaux permettant de décaisser des fonds additionnels pour couvrir les fraudes lors des passations de marchés;

De plus, une grande partie des projets financés par PETRO CARIBE ont été considérés comme surfacturés. Cette mauvaise pratique a été installée dans le but de favoriser les versements de prébendes, de commissions et d’autres avantages inavouables. Elle constitue un indicateur puissant de la corruption qui a entaché l’utilisation du fonds PETRO CARIBE. Ne disposant ni de pouvoir légal, ni de dispositions statutaires pour accéder aux comptes des personnalités responsables de ces forfaits tant au niveau des banques locales qu’internationales, la Commission souhaite ardemment que la Justice se saisisse de cet aspect du dossier en mobilisant tous les moyens qui sont mis à sa disposition y compris l’entraide judiciaire des partenaires internationaux en vue de mieux appréhender les tenants et aboutissants de ce dossier et de fixer la responsabilité de ceux et celles qui se sont rendus coupables des infractions perpétrées à partir de l’exécution des projets liés au Fonds PETRO CARIBE.

La commission croit qu’il est aussi opportun de recommander à l’assemblée des Sénateurs de se pencher sur une Résolution qui a été prise par le Gouvernement provisoire de PRIVERT/JEAN-CHARLES, dans le cadre du fonds PETRO CARIBE.



En ce qui a trait aux acomptes non prélevés au profit de la DGI, lesquels accusent un montant de plus de deux milliards de Gourdes, ce qui constitue un manque à gagner énorme pour le fisc, la Commission recommande que l’Etat haïtien à travers la DGI réclame immédiatement le dit montant, sans préjudices des  poursuites pénales contre les personnes responsables, conformément à la loi.

Fort des considérations qui précèdent la CSSE croit pouvoir déclarer que le Fonds PETRO CARIBE a été l’objet de détournement, de concussion, de malversation et prévarication de la part de ceux et celles qui sont indexé dans le présent rapport. Les cas spécifiques qui ont retenu l’attention des Commissaires et pour lesquels la Commission attire particulièrement l’attention tournent autour des sujets suivants:

  • Les prélèvements obligatoires de l’acompte de 2% au profit de la DGI, dans Presque tous les cas, n’ont pas été effectués
  • Toutes les firmes Dominicaines et certaines firmes haïtiennes n’étaient pas éligibles au moment de la signature des contrats.
  • La route du Cerca Cavajal : Le nombre de Km de la route est inférieur à celui défini dans le contrat. Elle mesure en réalité 10.5 Km alors que le ministère de la Planification et de la Coopération Externe a payé pour 17 Km.
  • La place Hugo Chavez : Le contrat a subi deux avenants totalisant 30% du projet. Un deuxième contrat appelé phase II a été signé avec la même firme par Yves Germain JOSEPH, ministre de la Planification alors, sans qu’il ait été prévu des travaux additionnels dans le contrat initial.
  • Les travaux de réhabilitation/ construction de la route minoterie-Lafiteau (7Km) qui s’élèvent à US 10,391,175, réalisés par HL Construction ont été surfacturés. Le coût du Km est donc US 1,484, tandis que le coût d’un Km d’une autre firme évoluant dans le même secteur d’activité pour la même période et dont les spécificités des travaux sont similaires est estimé à US 995; d’où un écart de 489 dollars américains par km
  • Les avenants portés aux contrats relatifs à la construction de la route reliant la baie de l’acul à carrefour barrière Battant ont dépassé le seuil prévu par la loi. Ils sont arrivés jusqu’à 82% du cout initial du projet. Ils sont signés par Jacques ROUSSEAU, Ministre des TPTC.
  • Le marché de Fontamara: Le montant décaissé pour la construction de ce marché est largement supérieure à l’état d’avancement des travaux.
  • La firme J&J Construction qui a signé des contrats avec des maitres d’ouvrages a été dissoute avant même la signature desdits contrats.
  • La signature d’un contrat entre le MSPP et une personne décédée.
  • Intervention directe de certains Ministres des finances au Fond du BMPAD dont Wilson LALEAU, pour effectuer des décaissements sans aucune résolution en conseil des ministres.
  • Des Directeurs Généraux du BMPAD : Eustache St-Lot et Michael LECORP ont procédés à des décaissements provenant du fond PETRO CARIBE sans aucune résolution préalable.
  • Des ministères, tels ceux du Tourisme, de la Santé Publique de la Population n’ont pu produire des pièces justificatives relatives aux décaissements des sommes assez importantes sous la gestion de Madame Stephanie B. VILLEDROUIN et de Madame Florence G. DUPERVAL

Au regard de toutes les considérations spécifiques et aux conclusions transitoires qui constituent le fonds et la forme de ce dossier, la Commission Sénatoriale Spéciale d’enquête chargée d’approfondir l’enquête menée par la Commission Éthique et Anti-Corruption du Grand Corps s’estime en mesure de faire les recommandations suivantes:

Transmettre le dossier présenté par la Commission Sénatoriale Spéciale d’enquête (CSSE) et celui de la Première Commission d’éthique et Anticorruption à la Justice en vue de mettre l’action  publique en mouvement contre les personnes à l’encontre desquelles elle a relevé des preuves pouvant les amener à répondre de la justice en fonction d’un ensemble d’infractions prévues et punies par le code pénal haïtien et la loi du 12 mars 2014 portant prévention et répression de la corruption Dans cette optique, la commission recommande que l’action publique soit mise en mouvement contre:

  1. L’ancien Ministre des TPTC: Jacques GABRIEL pour forfaiture, concussion et détournement ou dissipation de deniers publics, faits prévus et punis par les articles 127 et 128, 135 et 340 du Code Pénal et en conformité aux articles 5.5, 5.8, 5.9, 5.10, 5.12 de la loi du 12 mars 2014 portant prévention et répression de la Corruption ;
  2. Les anciens Directeurs Généraux du BMPAD : Michael LECORPS et Eustache ST-LOT pour forfaiture, concussion et détournement ou dissipation de deniers publics, faits prévus et punis par les articles 127 et 128, 135 et 340 du Code Pénal et en conformité aux articles 5.5, 5.8, 5.9, 5.10, 5.12 de la loi du 12 mars 2014 portant prévention et répression de la Corruption ;
  3. L’ancien Premier Ministre et Ministre de la Planification et de la Coopération Externe Jean Max BELLERIVE, pour forfaiture, concussion, détournement de deniers publics, faits prévus et punis par les articles 127, 128, 135 et 340 du Code Pénal, et en conformité aux articles 5.5,5.8,5.9,5.10,5.12 de la loi du 12 mars 2014 portant prévention et répression de la corruption;

Contre les membres du comité d’appel d’offre qui sont:

  1. Hervé DAY, Michel CONTENT et Lionel GRAND PIERRE, pour forfaiture, délits de fonctionnaires, corruption et concussion, faits prévus et punis par les articles 127, 128, 136, 137 et 135 du Code Pénal ainsi que les dispositions des articles 5.5, 5.8, 5.9, 5.10, 5.12 de la loi du 12 mars 2014  portant prévention et répression de la corruption;
  2. Hebert DOCTEUR, ex Ministre de l’agriculture pour usurpation de titre selon les articles 217 et 218 du Code Pénal haïtien.
  3. Laurent Salvador LAMOTHE, ex Premier ministre et Ministre de la Planification et de la Coopération Externe, pour forfaiture, concussion, détournement de deniers publics et soustraction de deniers publics, faits prévus et punis par les articles 127, 128, 135, 340 et 130 du Code Pénal, et en conformité aux articles 5.5, 5.8, 5.9, 5.10, 5.12 de la loi du 12 mars 2014 portant prévention et répression de la corruption ;
  4. Josefa GAUTHIER, pour forfaiture, concussion, détournement de deniers publics, faits prévus et punis par les articles 127, 128, 135 et 340 du Code Pénal, et en conformité aux articles 5.5, 5.8, 5.9, 5.10, 5.12 de la loi du 12 mars 2014 portant prévention et répression de la corruption ;
  5. Jacques ROUSSEAU, pour forfaiture, concussion, détournement ou dissipation de deniers publics, faits prévus et punis par les articles 127, 128, 135 et 340 du Code Pénal, et en conformité aux articles 5.5, 5.8, 5.9, 5.10, 5.12 de la loi du 12 mars 2014 portant prévention et répression de la corruption;
  6. Marie Carmelle JEAN MARIE, ex Ministre des Finances pour détournement ou dissipation de deniers publics conformément à l’article 340 du code pénal et en conformité aux dispositions des articles 5.5, 5.8, 5.9, 5.10, 5.12 de la loi du 12 mars 2014 portant prévention et répression de la corruption.
  7. Wilson LALEAU, ex Ministre des Finances, pour détournement ou dissipation de deniers publics conformément à l’article 340 du code pénal et en conformité aux dispositions des articles 5.5, 5.8, 5.9, 5.10, 5.12 de la loi du 12 mars 2014 portant prévention et répression de la corruption ;
  8. Florence Guillaume DUPERVAL, ex-Ministre de la Santé publique pour forfaiture, concussion, détournement de deniers publics, soustraction de deniers publics, faits prévus et punis par les articles 127, 128, 135 , 340 et 130 du Code Pénal, et en conformité aux articles 5.5, 5.8, 5.9, 5.10, 5.12 de la loi du 12 mars 2014 portant prévention et répression de la corruption ;
  9. Stéphanie Balmir VILLEDROUIN, ex Ministre du Tourisme publique pour forfaiture, concussion, détournement de fonds publics, soustraction de deniers publics, faits prévus et punis par les articles 127, 128, 135, 340 et 130 du Code Pénal, et en conformité aux articles 5.5, 5.8, 5.9, 5.10, 5.12 de la loi du 12 mars 2014 portant prévention et répression de la corruption ;
  10. Yves Germain JOSEPH, ex Ministre de la Planification pour forfaiture, concussion, détournement ou dissipation de deniers publics, soustraction de deniers publics, faits prévus et punis par les articles 127, 128,135, 340et130 du code pénal et en conformité aux dispositions des articles 5.5, 5.8, 5.9, 5.10, 5.12 de la loi du 12 mars 2014 portant prévention et répression de la corruption.
  11. Max Rudolph SAINT-ALBIN, pour détournement ou dissipation de deniers publics conformément à l’article 340 du code pénal et en conformité aux dispositions des articles 5.5, 5.8, 5.9, 5.10, 5.12 de la loi du 12 mars 2014 portant prévention et répression de la corruption La Commission recommande aussi de mettre l’action publique en mouvement contre les responsables des firmes suivantes :
  • J & J Construction & Co.
  • ROFI S.A
  • IBT S.A
  • HADOM Constructora S.A

Pour escroquerie conformément aux dispositions de l’article 337 du code pénal, sans préjudices aux responsabilités civiles.

En ce qui concerne les firmes ci-dessous mentionnées :

  • ENSTRAP
  • MAXITECH S.A.
  • GPL SOLAR LLC
  • ESOLAR HAITI
  • SUNTECH SOLAR HAITI S.A.
  • ENERSA
  • BUROCAD
  • COMPHENER
  • GREEN SOLAR SPECIALIST, selon les informations recueillies par la Commission lors de son investigation sur le terrain, elles ont bénéficié des contrats passés de Gré à Gré pour des montants exorbitants à partir d’une enveloppe de treize millions de dollars américains segmentés en parts. Ce qui a permis aux ordonnateurs de violés les règlements de passation de marchés publics et de pouvoir ainsi octroyer des contras à des compagnies choisies sur la base du clientélisme et du népotisme. Il faut signaler que ces opérations ont été effectuées en dehors de la période d’urgence. Aussi, la Commission recommandent-elle aux autorités judiciaires d’approfondir l’enquête en vue d’établir la responsabilité des dirigeants de ces firmes.

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