Supanaj Dabelt nous parle de sa carrière et de ses objectifs

Posted on November 08, 2015, 7:36 pm
7 mins

Donc en quelques mots, je suis né à Hinche (Haïti), j’ai 36 ans, et ça fait 20 ans environ que j’évolue dans le milieu musicale. Après un dizaine d’année à travailler au côté de Joey Starr,  j’ai décidé de monter mon propre label Dabelt. Mais j’ai eu l’occasion de faire des supers projets avec Luv Besson et Alain Chabat jusqu’à interpréter le générique du film RRRRrrr d’Alain Chabat.

Très jeune, j’ai été amené à côtoyer différents artistes de renom sur la scène française. Après mon premier disque d’or pour l’album Opus 3 de boss, produit par Joey Starr, J’ai eu l’envie de monter ma propre structure de production.

La difficulté c’est qu’après toute ses années passées à travailler pour Joey,  je me suis aperçu que tout ce que je faisais c’était pour lui. Ma mère était fière de me voir à la télévision mais j’étais incapable de payer une pleine course à la maison et lui remplir son frigo.

Après un trop long moment d’attente, je voulais exister sans le nom de Joe Starr et pouvoir jouir de mon travail. J’avais décidé de quitter son label et de monter mon propre label “Dabelt Entertainment”. Suite à ce départ, j’avais eu plusieurs opportunités de signer un label deal et plusieurs grandes radios jouaient ma musique!

Mais le fait que je quitte Joey et que j’arrive par moi-même à faire quelques petites choses,  n’avait pas plus à Monsieur. Une vraie campagne de dénigrement était lancée pour me descendre. Dans son premier album d’ailleurs, dans un titre intitulé “mauvais garçon” il s’en prend à Mc Jean Gabin, Cool Shen et me réserve le troisième couplet où il s’en prend voilement à moi insultant ma mère et, le truc qui l’énerve c’est que je ne me suis jamais laissé faire. Et aujourd’hui encore j’avance avec ma nouvelle production.

Après, la difficulté c’est d’évoluer dans le système français et de ne pas vouloir se fondre dans la masse et coller au moule. Mon objectif est de monter une vraie structure musicale à l’image de Motown ou Def ja!! C’est ambitieux certes, mais ç’est mon objectif. Faire un vrai lien entre la Caraïbe et la France.

Déjà sur mes projets, encore je me dis pourquoi prendre graphiste en France quand je peux faire travailler avec un haïtien talentueux? Où même un beatmaker. A terme comme je le dis, j’ai un vrai projet pour Dabelt Haïti, la vie seule nous dira comment ça prendra!

En attendant le 11 décembre prochain arrive dans les bacs mon nouveau projet “Dabelt since 2005 and still”,  il est super lourd et je vais le défendre au maximum. Conrad Gustave assure le développement du label Dabelt Haïti, et si la vie nous offre l’opportunité, c’est un projet qui prendra une réelle forme avec une concrétisation réelle du potentiel artistique de la jeunesse du pays.

Je ne sais pas si j’ai réalisé de grandes choses… Mais les grandes choses restent à réaliser. J’ai quitté Haïti à l’âge de 8 ans. En France, je prends goût à la musique mais je me suis rendu compte aussi de ma chance, alors à l’école j’étudie. Dans la musique,  après plusieurs petites expériences de quartier à l’âge de 17 ans, je me fais remarquer sur divers projets dans le milieu parisien. Polydor, un label d’Universal, est alors intéressé par moi et me propose un projet d’album.

A cette même période, Joey Starr était intéressé par mes talents et m’a proposé de me signer sur son label à l’âge de 19 ans. Je finissais par faire des concerts dans les plus grandes salles de France, du Zénith au stade de France. A l’école, je ne lâche pourtant pas sans doute par peur d’un avenir, je passe mon bac et mon cursus universitaire m’emmène dans l’ingénierie du bâtiment. Dans mon domaine d’activité, j’ai une expertise qui m’emmène à parcourir plusieurs grandes villes pour des conférences. De las Vegas à Sydney, passant par Allemagne et l’Afrique. Les grandes choses que je souhaite réaliser j’espère qu’une vie me permettra d’en voir la genèse.

Pour Haïti, je pense qu’il y a du potentiel dans le pays par sa jeunesse mais trop peu exploité. Est-ce que la vie me donnera l’opportunité de faire quelque chose et changer la donne? Je ne sais pas mais l’envie de faire est immense.

Cette année, j’ai intégré en plus de mes activités, l’école nationale des ponts et chaussées (ENPC), une des plus prestigieuses écoles architecturales. Après cette période qui s’annonce très chargée pour moi, mes idées se préciseront, mais je pourrais très bien jouer un rôle dans l’Entertainment ou dans les nouvelles méthodes dès la construction architecturale dans le pays.

En tout cas, mon envie est de participer d’une manière ou d’une autre à l’émancipation de la jeunesse haïtienne.

En conclusions l’album Dabelt sort en Janvier 2016 et le nom est « Dabelt Since 2005 and Still ».

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